Vous déménagez de région ? Utilisez Azure Resource Mover

Dans cet article, nous allons détailler l’outil appelé Azure Resource Mover et regarder les étapes nécessaires à la migration de ressources Azure d’une région A à une région B.

Qu’est-ce qu’Azure Resource Mover ?

Microsoft a mis à disposition un outil très pratique, appelé Azure Resource Mover. Cet outil vous sera utile si vous souhaitez déplacer des ressources d’une région Azure à une autre. Vous trouverez l’article de documentation Microsoft via ce lien. Voici également un petit rappel sur “Qu’est-ce qu’une région Azure ?

Région Azure : Une région Azure est un ensemble de centres de données, déployés dans un périmètre défini par la latence et reliés par un réseau régional dédié. Avec plus de régions mondiales que tout autre fournisseur de cloud, Azure offre à ses clients la flexibilité de déployer des applications là où ils en ont besoin. Une région Azure a une tarification et une disponibilité de service distinctes.

Source Microsoft
Choisir la bonne région Azure pour vous | Microsoft Azure
Carte des régions Azure à travers le monde. Cette carte évolue très régulièrement.

Qu’apporte Azure Resource Mover dans un processus de migration intra-région ?

Ce nouvel outil facilite grandement le processus de migration puisqu’il fournit une interface unique avec un système d’étapes et de contrôle des dépendances. Cela permet donc de :

  • Réduire la complexité et le temps de migration
  • Identifier les dépendances des ressources Azure
  • Déplacer les ressources de manière groupée
  • Nettoyer automatiquement les ressources dans la région initiale
  • Fonctionner en mode Test : vous pouvez encore annuler si vous ne souhaitez pas effectuer la migration

Les autres types de migration sur Azure

Il existe des besoins autres que la migration sur une autre région. Microsoft met donc à disposition deux autres types de migration :

  • Déplacement de ressources Azure sur un autre groupe de ressources
  • Déplacement de ressources Azure sur une autre souscription Azure

Ce dernier cas peut s’avérer intéressant si l’on souhaite justement abandonner le paiement PAYG (Pay-As-You-Go ou encore appelé paiement à la demande par carte bancaire) pour s’orienter vers d’autres canaux de distribution, tels que le CSP ou encore EA.

Grandes étapes

Voici la liste des grandes étapes que vous allez déclencher dans Azure Resource Mover :

  1. Création du projet de migration
  2. Configuration des ressources de destination
  3. Validation des dépendances
  4. Migration (Préparation / Initiation / Confirmation)
  5. Suppression des ressources initiales

Dans certains cas et également dans mon exemple plus bas, il est possible de relancer l’étape 4 à plusieurs reprises sous forme de cycle. Azure Resource Mover apporte donc une excellente visibilité sur les étapes et les cycles restants et leur ordonnancement.

Liste des ressources migrables avec Azure Resource Mover

À l’aide de Resource Mover, vous pouvez actuellement déplacer les ressources suivantes d’une région à une autre :

  • Machines virtuelles Azure et disques associés
  • Cartes réseau
  • Groupes à haute disponibilité
  • Réseaux virtuels Azure
  • Adresses IP publiques
  • Groupes de sécurité réseau
  • Équilibreurs de charge internes et publics
  • Bases de données Azure SQL et pools élastiques

Note : Vous ne pouvez pas sélectionner des disques managés comme ressources à déplacer entre des régions. Les disques sont cependant copiés lors d’un déplacement d’une machine virtuelle. Vous pourrez retrouver la liste complète avec tous les types de ressources Azure ici, accompagnés des 3 possibilités de migration.

Processus de migration via Azure Resource Mover.

Etape I : Création du projet de migration

Cette étape s’effectue directement dans le groupe contenant des ressources Azure à migrer. Il suffit alors de sélectionner les ressources et d’utiliser la fonction correspondante dans la barre d’action.

Pour simplifier les étapes, il est préférable de regrouper au préalable toutes les ressources à migrer dans un seul et même groupe de ressources.

L’écran suivant nous présente les informations de base sur les ressources sélectionnées et nous demande également de choisir la région de destination.

Il est indiqué dans les annotations que la migration des ressources sur une autre souscription peut être faite dans un second temps. Prenez donc le temps de la réflexion sur votre meilleur “itinéraire de migration”

L’écran ci-dessous reprend la liste des ressources précédemment sélectionnées dans le groupe de ressources :

Dans mon exemple, une ressource est manquante dans cette liste, je peux cliquer sur le lien pour avoir plus d’informations.

Un encadré s’ouvre à droite et liste les ressources exclues par Azure Resource Mover. Cette information est précieuse car elle vous permet directement d’écarter ou de repenser certains projets de migration.

Pas d’inquiétude dans mon cas puisque le disque rattaché à ma machine virtuelle sera bien copié.

La confirmation sur l’écran suivant va lancer le projet et de vous proposer le démarrage de la phase suivante, déclenchée elle aussi à votre demande :

Ce bouton ne déclenche aucun traitement irréversible 🙂

Une fois ce traitement validé, l’étape II va pouvoir être déclenchée dans Azure Resource Mover.

Etape II : Configuration des ressources de destination

Cette étape est facultative. Elle permet néanmoins d’effectuer des modifications aux ressources créées. Dans mon exemple, je dispose d’une machine n’ayant pas de zone de disponibilité. Je veux migrer cette machine virtuelle en lui précisant sur quelle zone de disponibilité je la souhaite : Région “North Europe Zone 3”.

Un clique sur la configuration de la machine virtuelle m’ouvre l’écran ci-dessous.
Je spécifie ici la zone 3 au sein de la région North Europe.

Je profite également pour faire une modification sur l’adresse IP publique rattachée à ma machine virtuelle. Souhaitant mettre en place cette VM dans une de zone de disponibilité, je dois changer le SKU de cette dernière en Standard pour que la migration se fasse sans souci :

Changement de SKU pour l’adresse IP publique en standard.

Etape III : Validation des dépendances

Comme dans beaucoup de cas, les ressources Azure sont interconnectées entre elles. L’exemple le plus évident est bien la machine virtuelle. De base, une machine virtuelle créé les ressources Azure suivantes :

  • Machine virtuelle
  • Disque OS
  • Carte réseau
  • Disque de données (facultatif)
  • Groupe de sécurité réseau (facultatif)
  • Adresse IP publique (facultative)

Le processus de validation des dépendances va donc vérifier que rien n’est oublié dans ce projet de migration.

A partir de cet écran et comme indiqué en haut à gauche, nous sommes bien dans Azure Resource Mover.

Une fois la validation des dépendances effectuée, il arrive que certaines erreurs remontent afin d’être résolues avant la migration. Un clique sur le lien vous donne toutes les informations nécessaires pour les comprendre.

Dans le cas présent, cette erreur est considérée comme “normale” puisque cette alerte concerne le disque OS. Le processus va se donc régler de lui-même cette erreur par la suite.
D’autres erreurs peuvent aussi remonter. Ici par exemple une migration vers l’Asie m’est bloquée à cause de la taille de ma machine virtuelle.

Etape IV : Migration

Comme vous le voyez dans la colonne Status sur toutes mes ressources Azure, il est indiqué que ces dernières sont en attente de la préparation au déplacement. Dans mon exemple de machine virtuelle, je dois effectuer la migration en deux cycles pour palier l’erreur du disque managé :

  • Cycle A : migration du groupe de ressources uniquement
  • Cycle B : migration des autres ressources

Cycle A – Préparation à la migration

Il s’agit de la première étape de la migration à proprement parlé.

Je commence donc mon cycle A avec uniquement mon groupe de ressources et clique sur Prépare.
Pour continuer, je clique sur Prépare.

A ce moment-là et après un court traitement de la part d’Azure, je constate que le statut de mon groupe de ressources a changé :

Le statut est passé de Prépare à Initialisation de la migration.

Cycle A – Initialisation de la migration

Je continue donc le processus de migration du groupe de ressources en le sélectionnant à nouveau et en cliquant sur Initier la migration :

L’erreur sur la machine est toujours présente mais cela ne gêne pas en soi.
Peu de choix sont possibles sur les écrans de confirmation 🙂

Une fois l’initialisation lancée, je peux déjà constater la création d’un nouveau groupe de ressources sur ma région de destination :

La présence d’un second groupe de ressources est aussi constatée sur la région de destination.
Le statut est passé d’Initialisation de la migration à Confirmation de la migration.

Cycle A – Confirmation de la migration

Cette dernière étape est nécessaire pour valider la migration des ressources sélectionnées. Je reste donc sur mon groupe de ressources et la déclenche dans la foulée :

Azure Resource Mover créé dans cette étape de nouvelles ressources. On retrouve dans le groupe de ressources de destination le disque qui sera utilisé pour la nouvelle machine virtuelle :

Le disque de la machine virtuelle est lui aussi créé dans le futur groupe de ressources.

De plus, d’autres ressources sont créées dans le second groupe vu précédemment. Ce groupe de ressources va donc servir à la transition des données de la machine virtuelle :

Est présent dans ce groupe un coffre et un compte de stockage pour le cache de transition.
Le groupe de ressources a encore changé de statut. L’erreur sur la machine virtuelle a disparu.

Je vais pouvoir attaquer le cycle B avec les autres ressources à migrer. J’effectuerai la suppression de toutes les ressources sur la région initiale une fois que la migration sera entièrement terminée.

Cycle B – Préparation à la migration

Comme pour le premier cycle, nous répétons les mêmes étapes avec les autres ressources Azure que nous souhaitons migrer.

Vous ne pouvez pas vous tromper dans les étapes à suivre.
L’étape de préparation prendra plus de temps que lors du cycle A.

Cycle B – Initialisation de la migration

En seconde étape, je continue le processus de migration en sélectionnant les ressources et en cliquant sur Initier la migration :

Une fois cette étape terminée, un tour dans le nouveau groupe de ressources montre que les autres ressources sont venues se rajouter au disque. A noter que la copie d’écran ci-dessous nous montre maintenant deux disques dont un appelé réplica :

La présence de 2 disques nous rappelle le fonctionnement d’Azure Site Recovery dans le cadre d’un DR.

Cycle B – Confirmation de la migration

Nous lançons donc la dernière étape encore une fois pour valider la migration des ressources sélectionnées :

Un rapide contrôle dans la liste des machines virtuelles nous montre que la VM de la première région a bien été éteinte, tandis que celle dans la seconde région est maintenant allumée :

Point important : L’adresse IP publique de la seconde machine virtuelle dans la seconde région ne sera jamais identique à la première. Les adresses IP publiques ne se transfèrent pas entre régions. Il s’agit ici d’une nouvelle adresse IP publique.

Un second contrôle sur la machine virtuelle de la seconde région indique bien la zone 3, comme paramétré dans Azure Resource Mover.

Etape V : Suppression des ressources

La dernière étape de ce processus de migration comprend la suppression des anciennes ressources encore présentes dans la première région. Elle peut être faite via Azure Ressource Mover ou directement via le groupe de ressource en lui-même :

A ce point, toutes les ressources présentes ici se retrouve dans le même status final.

Le message d’erreur vous indique que le groupe de ressources initial ne peut être supprimé via Azure Ressources Mover :

Vous pouvez malgré tout continuer cette étape de suppression avec les autres ressources.

Les ressources sélectionnées précédemment ont donc terminé le processus d’Azure Resource Mover :

Il ne reste plus qu’à s’occuper du groupe de ressources.

Une suppression manuelle reste donc à faire dans la première région Azure :

Le groupe de ressources non supprimé contient encore la dépendance de la machine virtuelle pris en compte par Azure Resource Mover.

Une seconde suppression est également à faire pour entièrement terminer le processus. il s’agit ici du projet créé par Azure Resource Mover, mais aussi du compte de stockage et du coffre créé pour assurer la copie des données du disque de la machine virtuelle entre les deux régions.

A noter que la suppression de l’ensemble ne peut se faire qu’après le retrait des verrous posés sur les ressources :

Conclusion

Au final, Azure Resource Mover est un très bon outil de migration entre différentes régions Azure. Gardez encore en tête que certaines limitations subsistent et que les migrations très complexes à étapes sensibles seront peut-être gérées en dehors de cet outil.

Comme à chaque fois, pensez également à partager dans les commentaires vos propres expériences sur Azure Resource Mover 😋