Troubleshoot réseau AVD/Windows 365/Intune

Vous avez un Cloud PC qui refuse de provisionner, un Win32 qui ne descend jamais, une session qui rame sans raison apparente, et vous passez trois jours à interroger Intune alors que le coupable est une règle de pare-feu écrite il y a deux ans ? Cet article est fait pour vous. On part d’une VM Windows toute neuve et on va dérouler, capture après capture, un diagnostic réseau complet de vos endpoints Microsoft Intune, Windows 365 et Azure Virtual Desktop, puis on va casser le réseau exprès pour vérifier que l’outil dit bien la vérité.

L’outil en question s’appelle Microsoft Cloud Endpoint Network Health Check. Il est écrit et maintenu par Daniel Bowker, Microsoft MVP sur Windows 365, et publié sous licence MIT sur GitHub:

Il ne s’agit pas d’un produit commercial ni d’un module à installer : c’est un script PowerShell unique, sans dépendance, qui teste en un seul run l’ensemble des prérequis réseau que Microsoft publie sur quatre pages de documentation différentes.

Pour vous guider plus facilement dans cet article, voici des liens rapides :

1. Le vrai problème : des prérequis réseau éparpillés

Le problème, ce n’est pas la difficulté technique, c’est le périmètre. La documentation Windows 365 le dit noir sur blanc : les prérequis se répartissent sur quatre familles distinctes, l’appareil physique, le service Microsoft Intune, la machine virtuelle session host Azure Virtual Desktop et le service Windows 365.

Although most of the configuration is for the Cloud PC network, end user connectivity occurs from a physical device. Therefore, you must also follow the connectivity guidelines on the physical device network.

Source : Network requirements for Windows 365, Microsoft Learn

Valider le réseau d’un déploiement Cloud Endpoint voulait dire donc ouvrir quatre onglets de documentation Microsoft en parallèle :

Puis extraire à la main les FQDN, les recopier dans un tableur, et lancer une boucle de Test-NetConnection maison en espérant n’avoir rien oublié…

Concrètement, ça donne quoi ? Ça donne un Cloud PC parfaitement provisionné dont l’utilisateur n’arrive pas à se connecter, parce que le poste physique dans l’agence de Lyon sort par un proxy qui ne connaît pas les endpoints du client Windows App. Vous avez validé le réseau Azure, vous n’avez pas validé le réseau du poste. Deux périmètres, deux jeux de règles, deux équipes différentes.

Mon retour terrain : le ticket qui revient le plus souvent n’est pas « rien ne marche », c’est « ça marche pour 90 % des gens ». Et un taux de 90 %, en réseau, c’est presque toujours la signature d’un site, d’un breakout Internet ou d’un profil de proxy qui diverge du reste du parc.

2. D’où vient l’outil et ce qu’il couvre

Le script a une histoire. Il démarre comme un vérificateur réseau Windows 365, publié en février 2026 sous le nom The Ultimate Windows 365 Network Validation Script. Daniel Bowker l’a ensuite élargi bien au-delà de son périmètre initial, et la version 4 marque le vrai basculement : Microsoft Intune obtient sa propre validation dédiée, à côté de Windows 365 et d’Azure Virtual Desktop.

Résultat, la version 4.1 s’appelle désormais Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1. L’ancien nom Test-W365NetworkHealth.ps1 reste disponible comme lanceur de compatibilité, pour ne pas casser les scripts et les runbooks écrits avant le renommage.

ÉlémentValeur
Nom du scriptTest-CloudEndpointNetworkHealth.ps1
Version couverte iciv4.1
AuteurDaniel Bowker, Microsoft MVP Windows 365
LicenceMIT
DépendancesAucune, PowerShell seul
Jeu d’endpoints445 entrées, cloud Microsoft commercial
PérimètreMicrosoft Intune, Windows 365, Azure Virtual Desktop
Fichier de donnéesEndpoints.csv, téléchargé automatiquement

Le point qui m’a le plus intéressé n’est pas le nombre d’endpoints, c’est la nature des tests. Un script de validation réseau naïf fait un Test-NetConnection sur le port 443 et affiche un joli vert. Celui-ci va nettement plus loin :

  • vrai handshake TLS avec SNI, pas un simple socket ouvert sur 443
  • détection de l’inspection SSL probable via l’analyse de la chaîne de certificats
  • échecs DNS remontés séparément des échecs de port
  • endpoints wildcard réellement testés quand c’est possible
  • test UDP réel pour RDP Shortpath
  • test SNTP/NTP, avec mesure de la dérive d’horloge
  • vérification d’Azure IMDS et de WireServer
  • test de connectivité IPv6
  • mesure de la latence de connexion
  • détection d’interception par ZTNA ou Secure Web Gateway
  • validation du port 80 là où Microsoft exige 80 et 443
  • tests parallélisés et déduplication des couples hôte/port

Cette liste compte douze améliorations, et chacune correspond à un faux positif que vous avez probablement déjà rencontré en production sans le savoir.

3. Workload et Mode : la distinction que tout le monde rate

Au lancement, le script pose deux questions. Elles se ressemblent, elles n’ont rien à voir. C’est le point de design le plus important de l’outil et c’est aussi celui qui provoque le plus de mauvaises interprétations.

La première question, c’est le workload, autrement dit ce que vous validez :

[1] All Cloud Endpoint requirements
[2] Microsoft Intune
[3] Windows 365
[4] Azure Virtual Desktop

Workload égale QUOI, Mode égale OÙ. Retenez ces deux mots et vous ne vous tromperez plus. Un même workload Intune se teste indifféremment depuis un Cloud PC ou depuis un poste physique managé, parce que les prérequis Intune sont des prérequis d’appareil, pas des prérequis de datacenter.

WorkloadCe qui est validé
AllTout ce qui suit. C’est la valeur par défaut.
IntuneLes prérequis réseau Microsoft Intune publiés pour les appareils Windows
Windows365Les endpoints du service Windows 365, plus les dépendances AVD, Intune et plateforme Azure sur lesquelles il repose
AVDLes prérequis Azure Virtual Desktop côté session host et côté client

Le choix de conception à saluer se trouve dans la ligne Windows365. Sélectionner ce workload ne teste pas seulement les FQDN du service Windows 365. Un Cloud PC est un poste managé par Windows 365 qui s’appuie sur Intune, sur les composants de connectivité Azure Virtual Desktop et sur des services de plateforme Azure. Ne tester que les endpoints *.infra.windows365.microsoft.com vous donnerait un résultat entièrement vert alors qu’une vraie dépendance reste bloquée.

Symétriquement, le workload Windows365 exclut volontairement les fonctionnalités Intune optionnelles dont un Cloud PC n’a pas besoin pour être provisionné, managé ou joignable, comme Remote Help et le Microsoft Store. Vous ne verrez donc pas de rouge sur des services que vous n’utilisez pas.

La seconde question, c’est le mode, autrement dit d’où vous testez :

[1] Host / Cloud Network
    (Cloud PC, AVD session host, or Azure VNet VM)
[2] Physical Client Device
    (Intune-managed Windows device, or device connecting to a
     Cloud PC or AVD session host using Windows App)
[3] Both
Attention : Remote Help et Microsoft Store restent dans leurs propres catégories quand vous lancez le workload Intune. Un rouge sur ces lignes ne signifie pas que votre environnement est cassé, juste que vous n’ouvrez pas ces flux. Lisez la catégorie avant de paniquer.

4. Étape 0 : les prérequis avant de lancer quoi que ce soit

Avant la moindre commande, trois règles.

  • Règle 1, lisez le script avant de l’exécuter. L’auteur documente lui-même la procédure, et c’est tout à son honneur. Un irm | iex exécute du code distant sans que vous ne l’ayez vu, et cette pratique n’a rien à faire dans un environnement de production sans revue préalable :
Invoke-WebRequest https://bowker.cloud/endpointcheck -OutFile .\Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1
notepad .\Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1
.\Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1

Règle 2, exécutez en session élevée. Certaines vérifications de la fabric Azure se comportent différemment hors élévation et peuvent apparaître injoignables alors que tout va bien. Administrateur local suffit, pas besoin d’aller plus loin.

Règle 3, PowerShell 7 de préférence. Windows PowerShell 5.1 fonctionne, mais 7 est la cible recommandée par l’auteur. Pour lancer le script, rien de plus simple et aucune dépendance à installer :

irm https://bowker.cloud/endpointcheck | iex

Ce dernier point mérite d’être souligné : le script ne demande aucun rôle Entra ID, aucun consentement d’application, aucune permission Graph. Il ne lit pas votre tenant. Il teste des sockets. C’est ce qui le rend utilisable par une équipe réseau qui n’a aucun droit dans Intune, et c’est précisément le genre de cloisonnement qu’on rencontre dans les grandes structures.

Voici les paramètres disponibles, tels que documentés dans le dépôt :

ParamètreDescriptionDéfaut
-WorkloadAll, Intune, Windows365, AVDDemandé, puis All
-Mode1 = Host / Cloud Network, 2 = Physical Client Device, 3 = BothDemandé, puis 1
-EndpointsCSVChemin vers un Endpoints.csv localTéléchargement auto
-OutputPathExport des résultats en CSVAucun
-NoTlsCheckIgnore le handshake TLS, TCP uniquementOff
-NoIntuneIPFilterDésactive le filtrage optionnel des plages IP Intune. Alias : -NoRegionFilterOff
-SkipRegionPickerAncien nom de paramètre, conservé pour compatibilitéOff
-MaxParallelNombre de sondes concurrentes12
Attention : ne montez pas -MaxParallel à l’aveugle. Douze sondes concurrentes, c’est déjà un profil de trafic qui ressemble beaucoup à du scan sortant. Sur un site protégé par un IPS ou une solution ZTNA agressive, vous risquez de déclencher une alerte SOC ou de vous faire jeter au bout de trente secondes, et vos résultats seront faussés. Prévenez l’équipe sécurité avant le run.

5. Étape 1 : le premier run et la baseline tout verte

Toute la démarche de cet article repose sur une idée simple : un diagnostic ne vaut rien sans point de comparaison. On commence donc par un run de référence sur une machine dont on sait que le réseau est sain, et on garde le résultat sous le coude.

Depuis une console PowerShell élevée :

irm https://bowker.cloud/endpointcheck | iex

Ou, depuis CMD ou la boîte de dialogue Exécuter :

pwsh -ExecutionPolicy Bypass -Command "irm https://bowker.cloud/endpointcheck | iex"

Et pour la baseline de cet article, la version explicite avec export CSV, celle que je vous recommande parce qu’elle vous laisse une trace exploitable à lancer depuis une fenêtre PowerShell :

& ([scriptblock]::Create((irm https://bowker.cloud/endpointcheck))) -Workload All -Mode 2 -OutputPath .\baseline-saine.csv
Mon retour terrain : exportez systématiquement en CSV avec -OutputPath, même quand tout est vert. Le jour où un utilisateur remonte un problème, la comparaison entre le CSV du jour et celui de la mise en service vaut mille suppositions. C’est la même logique qu’un baseline de performance, appliquée au réseau.

6. Lire les résultats : OK, FAIL, DNS!, TLS!, INSP, ZONE, INFO

C’est ici que l’outil se distingue vraiment des scripts maison. La plupart des validations réseau que j’ai vues chez des clients renvoient deux états : ça passe ou ça ne passe pas. Or un problème DNS, un blocage de pare-feu et une inspection SSL cassent tous les trois le service, mais appellent trois correctifs radicalement différents, portés par trois équipes différentes.

StatutSignification
[ OK ]Connecté. Sur le port 443, cela signifie un handshake TLS complet avec SNI là où c’est supporté
[FAIL]Le DNS a résolu, mais la connexion a échoué
[DNS!]Le nom d’hôte n’a pas résolu
[TLS!]Le TCP est établi, mais le handshake TLS a échoué
[INSP]Le TLS aboutit, mais la chaîne de certificats suggère une inspection SSL probable
[ZONE]Le wildcard n’a pas de nom d’hôte public stable, la zone DNS parente a été validée à la place
[INFO]Plage IP publiée, vérification propre à Azure, entrée de référence ou autre résultat informatif

Cette granularité change la nature de la conversation. Avec un simple rouge, vous ouvrez un ticket réseau et vous attendez. Avec un [DNS!], vous savez que le pare-feu n’est pas en cause et vous allez voir l’équipe qui gère la résolution de noms. Avec un [INSP], vous savez qu’il faut demander une exclusion d’inspection, pas une ouverture de flux : le flux est déjà ouvert.

Sur ce dernier point, Microsoft est parfaitement explicite dans la documentation Windows 365 :

These traffic interception technologies can cause issues with running Azure network connection checks or Cloud PC provisioning. Make sure no network interception is enforced for Cloud PCs provisioned within the Windows 365 service.

Source : Network requirements for Windows 365, Microsoft Learn

Autrement dit, un environnement où l’inspection SSL est appliquée aux Cloud PC est un environnement hors des rails documentés, et le statut [INSP] est le seul moyen simple que je connaisse de le prouver en une capture d’écran devant l’équipe sécurité.

Deux subtilités à connaître, et elles évitent des faux diagnostics :

  • Certains endpoints CDN de Windows Update et Delivery Optimization sont volontairement exclus de la validation TLS, parce que les certificats renvoyés par le CDN ne couvrent pas de façon fiable le nom d’hôte Microsoft. Ces entrées sont testées en TCP seul, pour éviter de générer un faux [TLS!].
  • Les wildcards ne sont plus systématiquement ignorés. Quand il n’existe pas de nom d’hôte public stable derrière, c’est la zone DNS parente qui est validée, d’où le statut [ZONE]. Ce n’est ni un succès complet ni un échec, c’est une validation partielle assumée.

7. Le lab de pannes : on casse le réseau exprès

Le moment de vérité. Un outil de diagnostic qui affiche du vert quand tout va bien, ce n’est pas un exploit. Ce qu’on veut savoir, c’est s’il dit la vérité quand ça va mal, et surtout s’il désigne la bonne cause. J’ai donc monté une VM Windows jetable et j’ai cassé le réseau, panne par panne, avec un run du script après chaque manipulation.

Attention : toutes les manipulations qui suivent se font sur une machine virtuelle jetable, hors production, et de préférence non managée par Intune. Bloquer un port sortant ou casser la résolution DNS sur un poste de production vous fera perdre bien plus de temps que le diagnostic que vous cherchiez à poser.

Voici le rendu du script avant toute modification de la configuration :

Cas n°1 : la résolution DNS est cassée

Le scénario réel derrière ce cas : un serveur DNS interne injoignable, un forwarder mal configuré, ou un split-brain DNS où la zone publique Microsoft n’est plus résolue depuis le réseau interne. C’est fréquent, et c’est très mal diagnostiqué, parce que l’utilisateur décrit un symptôme applicatif alors que le problème est au niveau de la résolution.

La manipulation, dans une console élevée sur la VM de test. On note d’abord la configuration DNS actuelle pour pouvoir la remettre :

Get-DnsClientServerAddress -AddressFamily IPv4

# On pointe la carte vers un resolveur qui n'existe pas
Set-DnsClientServerAddress -InterfaceAlias "Ethernet" -ServerAddresses 127.0.0.1
Clear-DnsClientCache

Puis on relance le script. Le résultat attendu est une avalanche de [DNS!], et surtout aucun [FAIL] : le script doit dire que rien n’a résolu, pas que les ports sont bloqués.

Et là, magie : là où un script maison basé sur Test-NetConnection vous aurait affiché un mur de rouge indifférencié, envoyant l’équipe réseau chercher une règle de pare-feu inexistante pendant deux jours, vous avez immédiatement la bonne piste.

Pour restaurer, remettez l’adresse notée à l’étape précédente, ou repassez en DHCP :

Set-DnsClientServerAddress -InterfaceAlias "Ethernet" -ResetServerAddresses
Clear-DnsClientCache

Cas n°2 : DNS partiellement cassé, une seule zone tombe

Le cas précédent est brutal et facile à diagnostiquer même sans outil. Le cas vicieux, celui qui coûte vraiment des journées, c’est la panne partielle : tout résout, sauf une famille de noms. Un enregistrement de blocage laissé dans le DNS interne, une entrée hosts oubliée par un collègue en test, une politique de filtrage DNS qui sinkhole une zone.

On simule ça proprement avec le fichier hosts, en pointant un endpoint Windows 365 vers une adresse inexploitable :

notepad C:\Windows\System32\drivers\etc\hosts

Ajouter la ligne suivante, puis enregistrer

  • 192.0.2.1 rdbroker.wvd.microsoft.com

Lancer la commande suivante pour purger le cache :

Clear-DnsClientCache

Ici le nom résout, mais vers une adresse qui ne mène nulle part. Le comportement attendu n’est donc pas le même que dans le cas n°1, et c’est tout l’intérêt de la démonstration. La ligne concernée doit basculer en [FAIL], pas en [DNS!], pendant que le reste du run reste vert :

Le piège classique : sur ce genre de panne, l’utilisateur vous dira que « AVD ne marche pas », alors que le provisioning, l’authentification et Intune fonctionnent parfaitement. Seul le broker de connexion est injoignable. Sans un test endpoint par endpoint, vous cherchez au mauvais endroit.

Pensez à retirer la ligne du fichier hosts et à vider le cache DNS avant de continuer, sinon elle va polluer tous vos runs suivants.

Cas n°3 : le port 5671 bloqué, le grand classique du provisioning

Si vous ne deviez retenir qu’un seul cas de cet article, c’est celui-là. La documentation Windows 365 exige que les endpoints d’enregistrement IoT Hub soient joignables sur deux ports, 443 et 5671, en sortie :

global.azure-devices-provisioning.net      (443 & 5671 outbound)
hm-iot-in-prod-prap01.azure-devices.net    (443 & 5671 outbound)
hm-iot-in-prod-prau01.azure-devices.net    (443 & 5671 outbound)
hm-iot-in-prod-preu01.azure-devices.net    (443 & 5671 outbound)
hm-iot-in-prod-prna01.azure-devices.net    (443 & 5671 outbound)

Or, dans la vraie vie, une équipe réseau qui reçoit une demande d’ouverture pour Windows 365 ouvre le 443 et considère le travail terminé. Le 5671, c’est de l’AMQP, ça ne ressemble pas à du web, et ça passe très souvent à la trappe. Résultat : le Cloud PC ne s’enregistre jamais auprès du service de santé, le provisioning échoue ou reste bloqué, et tous les tests web que vous ferez à la main répondront correctement.

On reproduit la panne avec une règle de pare-feu sortante :

New-NetFirewallRule -DisplayName "LAB Block AMQP 5671" `
    -Direction Outbound `
    -Action Block `
    -Protocol TCP `
    -RemotePort 5671

Puis on relance, en ciblant le workload Windows 365 pour aller droit au but :

.\Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1 -Workload Windows365 -Mode 1

Voilà la démonstration que je cherchais. Le script teste le couple hôte et port, pas seulement l’hôte. Vous voyez le même FQDN en vert sur une ligne et en rouge sur l’autre, et la conversation avec l’équipe réseau devient triviale : le flux existe, il manque un port.

Mon retour terrain : le 5671 est le port oublié numéro un des déploiements Windows 365 avec Azure Network Connection. Juste derrière, le port 80 sur les endpoints où Microsoft exige à la fois 80 et 443, typiquement pour les listes de révocation de certificats. Le script valide ce cas explicitement, et c’est une bonne raison de ne pas se contenter d’un test sur 443.

Nettoyage de la règle une fois la capture prise :

Remove-NetFirewallRule -DisplayName "LAB Block AMQP 5671"

Cas n°4 : l’UDP coupé, la session qui rame sans jamais tomber

Celui-ci est le plus sournois de tous, parce qu’il ne produit aucune erreur. Rien ne tombe. L’utilisateur se connecte, travaille, et vous dit simplement que « c’est mou ». Vous regardez les logs, tout est vert, et vous concluez à un problème de perception.

Ce qui se passe réellement, la documentation Azure Virtual Desktop l’explique très bien. RDP démarre sur un transport TCP en reverse connect, puis tente d’établir la session en UDP. Si l’UDP réussit, le TCP est abandonné. Sinon, le TCP sert de solution de repli :

By default, the Remote Desktop Protocol (RDP) begins a TCP-based reverse connect transport, then tries to establish a remote session using UDP. If the UDP connection succeeds the TCP connection drops, otherwise the TCP connection is used as a fallback connection mechanism.

Source : RDP Shortpath for Azure Virtual Desktop, Microsoft Learn

Ce mécanisme de repli est une excellente idée pour la disponibilité, et une catastrophe pour le diagnostic : il transforme une panne franche en dégradation silencieuse. C’est exactement la raison pour laquelle le test UDP réel de RDP Shortpath est, à mon sens, la fonctionnalité la plus sous-estimée de ce script.

Pour reproduire, on bloque l’UDP sortant sur la VM de test. Lancez d’abord un run normal et relevez dans la sortie le port UDP effectivement testé par le script pour Shortpath, puis créez la règle correspondante :

New-NetFirewallRule -DisplayName "LAB Block UDP Shortpath" `
    -Direction Outbound `
    -Action Block `
    -Protocol UDP `
    -RemotePort 3478

Relancez ensuite en mode client, puisque c’est le poste physique qui initie la négociation Shortpath :

.\Test-CloudEndpointNetworkHealth.ps1 -Workload AVD -Mode 2

Regardez bien cette capture. C’est le seul rouge de tout le run. Sans ce test, votre validation réseau aurait été déclarée conforme à 100 %, et vous auriez cherché la cause du côté du dimensionnement du Cloud PC ou de la carte graphique. Une ligne rouge, quelques secondes de lecture, et vous savez qu’il faut aller ouvrir l’UDP sortant.

Remove-NetFirewallRule -DisplayName "LAB Block UDP Shortpath"

Les cas que je n’ai pas provoqués, mais que le script sait détecter

Par souci d’honnêteté, je ne décris ici que ce que j’ai réellement cassé et observé. Trois autres capacités de l’outil méritent d’être connues, même si je ne les ai pas mises en scène dans ce lab :

  • l’inspection SSL, qui remonte en [INSP] lorsque la chaîne de certificats renvoyée ne correspond pas à ce que Microsoft présente normalement
  • le handshake TLS qui échoue alors que le TCP passe, qui remonte en [TLS!], typiquement quand un Secure Web Gateway accepte le socket puis refuse le nom d’hôte au moment du SNI
  • la dérive d’horloge, mesurée via le test SNTP/NTP, cause classique et rarement soupçonnée d’échecs d’authentification

Si vous disposez d’un proxy d’inspection dans votre environnement de test, ces trois cas se provoquent facilement et feraient un excellent complément à ce lab.

8. Du symptôme utilisateur au correctif réseau

Voici la table de correspondance que j’ai construite à partir de ce lab. C’est elle que je garderais sous le coude en support N2, parce qu’elle part de ce que l’utilisateur dit, pas de ce que la console affiche.

Ce que dit l’utilisateurStatut renvoyé par le scriptOù aller chercher
Plus rien ne fonctionne depuis ce matin[DNS!] massifRésolution de noms, forwarders, serveurs DNS de la carte réseau
Windows 365 ne marche pas, mais je reçois mes mails[FAIL] isolé sur un endpointFiltrage DNS, entrée hosts, sinkhole sur une zone précise
Mon Cloud PC est resté en cours de provisioning[FAIL] sur azure-devices.net en 5671Pare-feu sortant, port AMQP non ouvert
C’est lent, mais ça marcheÉchec du test UDP ShortpathUDP sortant bloqué, repli TCP en cours
Ça marche à Paris, pas à LyonRésultats divergents entre deux runsBreakout Internet local, profil de proxy par site
Je n’arrive pas à me connecter mais le Cloud PC est vert dans IntuneÉchecs en Mode 2 uniquementRéseau du poste physique, pas le réseau Azure

La dernière ligne mérite un mot. C’est le scénario le plus courant et le plus mal traité, parce que les deux équipes concernées regardent chacune leur périmètre et le déclarent sain. Lancer le script en Mode 2 depuis le poste de l’utilisateur qui se plaint tranche le débat en trois minutes.

9. Ce que l’outil ne fait pas

Un article qui ne présente que les qualités d’un outil ne vous sert à rien. Voici les limites, et elles sont d’ailleurs documentées honnêtement par l’auteur, ce qui est suffisamment rare pour être signalé.

  • Le jeu d’endpoints couvre le cloud Microsoft commercial. Si vous êtes en GCC, GCC High ou dans un cloud souverain, les FQDN diffèrent et ce jeu de données ne vous concerne pas.
  • Le workload Intune valide les prérequis réseau publiés par Microsoft pour les appareils Windows. Il ne prétend pas tester tous les endpoints de tous les produits qui s’intègrent à Intune.
  • Les produits qui disposent de leur propre documentation réseau, comme Microsoft Defender for Endpoint ou Security Copilot, ont des prérequis supplémentaires non couverts ici.
  • Le script teste la connectivité, pas la configuration du tenant. Un flux ouvert ne garantit pas qu’une stratégie Intune soit correctement ciblée.
  • Il ne mesure pas la bande passante ni la qualité de la liaison sous charge. La latence est reportée, mais ce n’est pas un outil de capacity planning.

Cinq limites, aucune n’est rédhibitoire, et toutes sont assumées par le périmètre annoncé. C’est un outil de diagnostic de connectivité, il fait ce qu’il dit.

Attention : le fichier Endpoints.csv est téléchargé automatiquement depuis GitHub à chaque exécution. Sur un réseau très fermé, c’est justement ce téléchargement qui va échouer en premier. Récupérez le CSV depuis un poste ayant accès à Internet et passez-le en local avec -EndpointsCSV, sinon vous allez diagnostiquer l’absence d’accès à GitHub plutôt que votre problème réel.

10. Conclusion et pièges à retenir

Voilà, en une commande et quatre pannes provoquées, nous avons vérifié qu’un script PowerShell gratuit, sans dépendance et sans le moindre droit sur le tenant, sait faire la différence entre un DNS cassé, un port fermé et un transport UDP absent. C’est exactement ce qu’on demande à un outil de diagnostic.

Concrètement, ça donne quoi ? Vous gagnez la capacité de qualifier un incident réseau avant de l’escalader. Vous arrivez devant l’équipe réseau avec une ligne précise, un hôte, un port, un protocole et un statut, au lieu d’un « Windows 365 ne marche pas » qui va tourner en boucle pendant une semaine.

Les cinq pièges à retenir :

  1. Ne confondez pas Workload et Mode. Le premier dit ce que vous validez, le second dit d’où vous testez. Un run en Mode 1 ne vous apprend rien sur le poste de l’utilisateur.
  2. Exécutez en session élevée, sans quoi les vérifications de la fabric Azure peuvent apparaître en échec alors qu’elles vont bien.
  3. Le port 5671 n’est pas optionnel pour Windows 365. Un pare-feu qui n’ouvre que le 443 casse le provisioning sans jamais produire d’erreur web.
  4. Un run entièrement vert en TCP ne prouve rien sur la qualité de session. Si l’UDP est bloqué, RDP bascule silencieusement sur son repli TCP et l’utilisateur subit sans que rien ne remonte.
  5. Gardez une baseline. Exportez en CSV le jour de la mise en service, c’est ce qui vous permettra de comparer le jour où ça se dégrade.

Foncez tester. Le script est sous licence MIT, il ne demande aucun droit, il tourne sur une VM jetable en trois minutes, et le pire qui puisse vous arriver est de découvrir que votre réseau n’est pas aussi conforme que vous le pensiez. Ce qui, précisément, est le but recherché.

Tout le mérite revient à Daniel Bowker, qui écrit, maintient et documente cet outil. Le code se trouve sur le dépôt GitHub du projet.

🤖
Contenu assisté par IA Cet article a été rédigé avec l’assistance d’une intelligence artificielle et relu par l’auteur. Conformément à l’AI Act (UE) en vigueur depuis le 2 août 2026.

AVD/W365 + RDP Multipath = 😍

Excellente nouvelle pour celles et ceux rencontrant des soucis de connexion à Azure Virtual Desktop ou Windows 365 ! Disponible en préversion depuis début 2025, le RDP Multipath vient d’être annoncé il y a peu en disponibilité générale par Microsoft. Nous allons justement voir comment en bénéficier, et qu’est-ce que cela apporte par rapport à du TCP ou à l’UDP simple-path.

Comment fonctionne la connexion d’un utilisateur à une VM AVD ?

Azure Virtual Desktop héberge des sessions client sur des hôtes de session s’exécutant sur Azure. Microsoft gère des parties des services au nom du client et fournit des points de terminaison sécurisés pour la connexion des clients et des hôtes de session.

Le diagramme suivant fournit une vue d’ensemble générale des connexions réseau utilisées par Azure Virtual Desktop.

Microsoft Learn

Azure Virtual Desktop (AVD) utilise le protocole RDP pour établir et acheminer vos sessions vers les machines virtuelles ; voici comment la connexion se déroule :

  1. Découverte du feed (Feed Discovery)
    • L’utilisateur s’authentifie auprès de Microsoft Entra ID et obtient un jeton OAuth.
    • Le client envoie ce jeton au service de feed AVD, qui retourne la liste des desktops et applications disponibles sous forme de fichiers .rdp signés numériquement Microsoft Learn.
  2. Connexion au gateway AVD
    • Quand l’utilisateur lance l’un des fichiers .rdp, le client se connecte via TLS 1.2 (HTTPS) à Azure Front Door, qui redirige vers l’instance du Remote Connection Gateway la plus proche (latence minimale et charge équilibrée) Microsoft Learn.
    • Le gateway valide la requête et fait appel au Connection Broker pour orchestrer la suite.
  3. Établissement du canal de contrôle
    • L’hôte de session (VM AVD) maintient en permanence un canal de communication sortant chiffré (TLS) vers le broker AVD, géré par le service Reverse Connect Transport plutôt qu’un listener TCP classique Microsoft Learn.
    • Le broker utilise ce canal pour indiquer au session host de joindre le même gateway que le client.
  4. Ouverture du canal de données (RDP data channel)
    • Reverse connect transport (TCP via le gateway) : le trafic RDP transite en TCP chiffré sur 443 via le gateway, idéal si UDP est bloqué ou non configuré.
    • RDP Shortpath (UDP direct) : le client et le session host créent un canal UDP direct (STUN/TURN + ICE), évitant le relay du gateway pour réduire latence et jitter Microsoft Learn.
    • Le basculement entre TCP et UDP Shortpath est transparent et contrôlé par le client selon la configuration et la qualité réseau.
  5. Session active et résilience
    • Une fois le canal de données établi, RDP gère l’envoi d’affichage, d’audio, de redirections périphériques, etc.
    • En mode Shortpath, chaque paquet voyage de façon indépendante : en cas de perte ou de réordonnancement, RDP multi‑path ou le TCP se chargent des retransmissions, tandis que le reverse connect TCP reprend toujours – garantissant la continuité de la session même sur des réseaux instables.

Le bon vieux duel TCP vs UDP ?

Voici un tableau comparatif des principaux aspects de TCP et UDP :

CritèreTCP (Transmission Control Protocol)UDP (User Datagram Protocol)
Type de connexionOrienté connexion (handshake en trois temps)Sans connexion (pas de handshake)
FiabilitéFiable : accusés de réception et retransmissions automatiquesNon fiable : pas d’accusés de réception ni retransmissions
OrdonnancementGarantit l’ordre des paquetsPas d’ordre garanti
Contrôle de fluxOui (fenêtre glissante)Non
Contrôle de congestionOui (algorithmes AIMD, slow start, etc.)Non
Taille de l’en‑têteAu moins 20 octets8 octets
Vitesse (latence)Plus lente (overhead de contrôle)Plus rapide (faible overhead)
Utilisations courantesHTTP, HTTPS, FTP, SMTP, SSH, bases de donnéesDNS, VoIP, streaming vidéo, jeux en temps réel
Gestion des erreursVérification de somme de contrôle + retransmissionVérification de somme de contrôle uniquement
Transmission multipleFlux unique, multiplexé par portDatagrammes indépendants par port
Connection keep‑aliveOui (optionnel)Non
Adapté pour…Applications nécessitant intégrité et fiabilitéApplications temps réel et tolérantes à la perte

Dans quels cas ne pas utiliser l’UDP pour AVD ?

Certains utilisateurs ont ressenti des difficultés lors de session Azure Virtual Desktop lorsque on passe systématiquement à l’UDP. On évitera d’activer le transport UDP sur Azure Virtual Desktop dans les cas suivants :

  • Réseaux d’entreprise très « verrouillés » :
    • Pare‑feu ou appliance de sécurité qui ne laissent passer que le trafic HTTPS/TCP sur le port 443.
    • Proxies ou load‑balancers interdisant ou foreçant l’inspection de flux UDP.
    • Absence d’ouvrages STUN/TURN nécessaires au Shortpath UDP.
  • Topologies NAT ou VPN problématiques :
    • NAT très restrictif (symmetric NAT) qui empêche la découverte de chemin direct STUN.
    • VPN d’entreprise qui n’autorise que le protocole TCP encapsulé (SSLVPN, SSTP…), rendant l’UDP inopérant.
  • Contraintes de conformité ou d’audit :
    • Politiques de sécurité interne imposant que tout le trafic soit chiffré/TLS sur TCP pour centraliser la journalisation et l’inspection.
    • Nécessité de passer via des IDS/IPS qui ne gèrent que le TCP.
  • Scénarios de diagnostic ou de troubleshooting :
    • Pour isoler un problème de connectivité ou comparer les performances TCP vs UDP : on désactive l’UDP pour forcer le fallback TCP.
    • Lorsque vous suspectez que le UDP est la source de coupures intempestives (perte, réordonnancement).
  • Clients legacy ou plateformes non supportées :
    • Certains clients RDP anciens ou intégrés (HTML5 via RemoteApp) ne gèrent pas le Shortpath UDP.

Un article écrit sur ce blog montre comment justement rester sur du TCP via une configuration depuis la machine AVD ou le poste local.

Qu’est-ce que le RDP Multipath ?

Le RDP Multipath (ou « UDP Multi‑Path ») est une évolution du transport RDP Shortpath qui évite les coupures et micro‑latences en :

  1. Ouvrant plusieurs sous‑canaux UDP simultanément entre le client et l’hôte de session, au lieu d’un seul.
  2. Surveillant en continu la qualité (latence, perte, gigue) de chacun de ces chemins via ICE/STUN/TURN.
  3. Bascule instantanée du trafic sur le ou les sous‑canaux les plus sains dès qu’un chemin se dégrade, sans interrompre la session.

Concrètement, si l’un des liens subit une perte de paquets élevée, un pic de gigue ou tombe complètement, Multipath redirige automatiquement les paquets vers un autre sous‑chemin en quelques dizaines de millisecondes, assurant une expérience fluide et sans reconnexion visible pour l’utilisateur.

Comment fonctionne le RDP Multipath pour Azure Virtual Desktop ?

RDP Multipath pour Azure Virtual Desktop établit plusieurs sous‑canaux UDP simultanés (via ICE, STUN et TURN) et mesure en continu leur qualité (latence, perte, gigue).

  • Dès qu’un lien se dégrade, il bascule automatiquement en quelques dizaines de millisecondes vers le canal le plus performant, sans interrompre la session.
  • Si tous les canaux UDP tombent, Multipath retombe de façon transparente sur TCP, garantissant ainsi une expérience AVD quasi ininterrompue et nettement plus stable sur des réseaux instables.

L’excellente vidéo de Dean Cefola depuis sa chaîne YouTube Azure Academy nous permet d’en savoir un peu plus :

Le diagramme suivant illustre le fonctionnement de RDP Multipath avec Azure Virtual Desktop. Dans ce scénario, le principal chemin actif est la connexion UDP via STUN, complétée par deux connexions UDP redondantes via un serveur TURN :

Microsoft Learn

Comment en bénéficier ?

RDP Multipath fonctionne automatiquement lorsque les conditions suivantes sont remplies :

  • Assurez-vous que RDP Shortpath est configuré comme protocole de transport principal. Pour plus d’informations, voir Configurer RDP Shortpath. Nous ne prenons pas actuellement en charge les connexions WebSocket (basées sur le protocole TCP) et ces utilisateurs n’en tirent aucun avantage pour le moment.
  • Les connexions doivent être établies à partir d’un appareil Windows local utilisant Windows App, version 2.0.366.0 ou ultérieure, ou le client Remote Desktop, version 1.2.6074 ou ultérieure. Les autres plateformes ne sont pas prises en charge actuellement.

Afin de comprendre mieux le fonctionnement et l’impact entre les 3 protocoles disponibles pour Azure Virtual Desktop, j’ai préparé un environnement dédié.

Voici les différentes étapes que j’ai suivies :

Maintenant, il nous reste plus qu’à tester tout cela 😎

Etape 0 – Rappel des prérequis :

Pour réaliser cet exercice, il vous faudra disposer de :

  • Une abonnement Azure valide
  • Un tenant Microsoft

Etape I – Création de l’environnement AVD

J’ai créé un nouvel environnement Azure Virtual Desktop composé de 3 machines virtuelles et placées dans un même pool d’hôtes :

Comme le recommandait Microsoft avant la fin de la préversion, mon pool d’hôtes est encore être configuré en tant qu’environnement de validation :

Enfin j’ai laissé par défaut la configuration de la fonctionnalité RDP shortpath afin de gérer le protocole utilisé de façon individuelle sur chacune des 3 machines virtuelles AVD :

Commençons par configurer la première machine virtuelle AVD afin que celle-ci n’accepte que les connexions RDP en TCP.

Etape II – VM1 Forcer le flux TCP côté serveur :

Il est possible de forcer le serveur à n’accepter que des connexions TCP, ce qui est particulièrement utile dans des environnements où la stabilité prime. Pour cela, vous pouvez modifier le registre du serveur ou déployer une GPO.

Avant modification, le serveur accepte par défaut les connexions en UDP. Pour forcer TCP, la modification est simple : il suffit d’ajouter la clé de registre SelectTransport.

Voici la commande permettant d’ajouter automatiquement cette clé de registre Windows avec des droits administrateur :

REG ADD "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Windows NT\Terminal Services" /v SelectTransport /t REG_DWORD /d 1 /f

Après avoir mis à jour la clé de registre, il est nécessaire de redémarrer la machine AVD pour que la modification prenne effet.

Après modification, la connexion se fait exclusivement en TCP. Cette commande force le serveur à utiliser uniquement TCP pour les connexions RDP.

Continuons par configurer la seconde machine virtuelle AVD pour que celle-ci n’accepte que les connexions RDP en UDP simple-path.

Etape III – VM2 Forcer le flux UDP simple-path côté serveur :

Avant modification, le configuration par défaut de mon AVD accepte les connexions en UDP Multipath si cela est possible.

Mais il est possible de forcer le serveur à n’accepter que des connexions UDP sans Multipath. Pour cela, vous pouvez modifier le registre du serveur ou déployer une GPO.

Voici la commande permettant d’ajouter automatiquement cette clé de registre Windows avec des droits administrateur :

reg add "HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Terminal Server\RdpCloudStackSettings" /v SmilesV3ActivationThreshold /t REG_DWORD /d 0 /f

Après avoir mis à jour la clé de registre, les utilisateurs doivent se déconnecter et se reconnecter à l’hôte de la session pour que la modification prenne effet.

Après la modification, la connexion AVD se fait exclusivement en UDP simple-path :

Terminons de préparer notre environnement par la configuration de la dernière machine virtuelle AVD pour que celle-ci accepte les connexions RDP en UDP Multipath.

Etape IV – VM3 Forcer le flux UDP Multipath côté serveur :

Compte tenu de la configuration de notre nouvel environnement Azure Virtual Desktop, il n’y a rien à faire. La connexion de notre utilisateur de test nous le prouve :

Nos machines virtuelles AVD sont prêtes. Continuons maintenant sur la préparation de notre protocole de test.

Etape V – Préparation de l’environnement de test :

J’ai utilisé la version d’essai gratuite de Connection Emulator.

Connection Emulator est un outil qui vous permet de simuler des conditions réseau dégradées (latence, perte, gigue, réordonnancement, duplication, corruption).

Voici le lien pour le télécharger en version d’essai, cliquez-ici pour télécharger et installer la version Windows :

Caractéristiques principales de l’outil

  • Limite la vitesse de connexion
  • Imite une latence fixe ou variable
  • Simule la perte, la corruption, la duplication et la réorganisation de paquets individuels et séquentiels.
  • Affiche un graphique de simulation de paquets en direct
  • Prend en charge plusieurs profils de simulation

Etape VI – Réalisation des 2 tests :

J’ai réalisé deux scénarios d’émulation réseau avec Connection Emulator :

  • Test 1 : latence 100 ms, perte 8 %, duplication 5 %, réordonnancement 30 %, corruption 2 %
  • Test 2 : latence 200 ms, perte 16 %, duplication 10 %, réordonnancement 40 %, corruption 4 %

Pour chaque scénario, j’ai démarré simultanément trois VM AVD configurées en TCP, UDP simple-path et UDP Multipath, puis lancé la même vidéo sur chacune.

Cette méthode met en évidence, de manière visuelle, la dégradation de la qualité pour TCP et UDP mono-chemin et la résilience supérieure de l’UDP Multipath face aux pires conditions réseau.

Voici ma vidéo de comparaison des 3 protocoles de connexion :

Etape VII – Configuration sur Windows 365 :

Finissons cette dernière étape par la configuration sur Windows 365. Voici les informations de connection sur un poste Windows 365 avant la modification de registre :

Pour activer RDP Multipath avant le déploiement complet, définissez la valeur de la clé de registre suivante sur 100, puis relancez la session de votre utilisateur

reg add "HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Terminal Server\RdpCloudStackSettings" /v SmilesV3ActivationThreshold /t REG_DWORD /d 100 /f

Voici les informations de connection sur un poste Windows 365 après la modification de registre :

Si vous préférez désactiver RDP Multipath jusqu’à ce que le déploiement soit terminé, définissez la valeur de la clé de registre sur 0 :

reg add "HKLM\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Terminal Server\RdpCloudStackSettings" /v SmilesV3ActivationThreshold /t REG_DWORD /d 0 /f

Conclusion

En synthèse, RDP Multipath représente une véritable avancée pour Azure Virtual Desktop : il combine la rapidité et la légèreté du transport UDP avec robustesse et la redondance.

Grâce à la création et à la surveillance en continu de plusieurs sous‑canaux UDP, vos sessions basculent en quelques dizaines de millisecondes vers le chemin le plus sain, tout en retombant de façon transparente sur TCP si nécessaire.

Le résultat ?

Une expérience utilisateur fluide, sans micro‑coupure ni latence excessive, même sur des réseaux fortement dégradés.

N’attendez plus pour activer RDP Multipath sur vos environnements AVD : testez-le dès aujourd’hui et constatez par vous‑même l’amélioration significative de la résilience et de la qualité de vos connexions distantes.

Forcer le flux TCP sur Azure Virtual Desktop / Windows 365

Les solutions de bureau à distance, telles qu’Azure Virtual Desktop et Windows 365, reposent sur des protocoles de transport pour offrir une expérience utilisateur fluide et réactive. Par défaut, UDP est souvent privilégié pour sa faible latence, mais dans certains environnements, la fiabilité et la stabilité offertes par TCP priment.

Cet article détaille les spécificités de chacun de ces protocoles, leurs avantages et inconvénients, et propose deux approches pour forcer l’usage de TCP : une modification côté serveur et une modification côté client, que ce soit directement via le registre ou en déployant une stratégie de groupe (GPO).

TCP et son rôle dans les solutions de bureau à distance :

Le Transmission Control Protocol (TCP) est un protocole orienté connexion qui assure la fiabilité des échanges. Il garantit que les paquets arrivent dans l’ordre et, en cas de perte, les retransmet automatiquement.

Avantages de TCP :

  • Fiabilité et intégrité des données : Chaque paquet est vérifié et retransmis en cas d’erreur ou de perte.
  • Contrôle d’erreur et ordonnancement : Les données arrivent dans le bon ordre, ce qui est essentiel pour des applications nécessitant une cohérence stricte.

Inconvénients de TCP :

  • Surcharge et latence accrue : Les mécanismes de contrôle (comme le handshake initial) ajoutent un certain délai.
  • Moins performant pour les applications ultra-réactives : La latence induite peut être un frein pour certaines applications en temps réel.

UDP et ses applications dans le Remote Desktop :Le User Datagram Protocol (UDP) est un protocole sans connexion qui envoie les paquets sans vérifier leur réception ni leur ordre. Cette approche permet une transmission rapide avec une latence très réduite, idéale pour des sessions interactives.

Avantages de UDP :

  • Faible latence : Parfait pour des sessions de Remote Desktop où la réactivité est cruciale.
  • Moindre surcharge : L’absence de contrôle d’erreur exhaustif accélère le transfert des données.

Inconvénients de UDP :

  • Fiabilité moindre : Sans retransmission automatique, la perte de paquets peut dégrader la qualité de la session.
  • Absence de contrôle d’erreur intégré : Dans des environnements instables, cela peut entraîner des distorsions.

Fort de cette comparaison, il apparaît que le choix du protocole doit être adapté au contexte réseau. Par exemple, dans des environnements à qualité réseau variable, forcer l’utilisation de TCP peut s’avérer judicieux pour garantir une meilleure stabilité des connexions.

Forcer le flux TCP côté serveur

Il est possible de forcer le serveur à n’accepter que des connexions TCP, ce qui est particulièrement utile dans des environnements où la stabilité prime. Pour cela, vous pouvez modifier le registre du serveur ou déployer une GPO.

Modification via Registre

Avant modification, le serveur accepte par défaut les connexions en UDP (comme indiqué par vos captures d’écran). Pour forcer TCP, la modification est simple : il suffit d’ajouter la clé de registre SelectTransport.

Pour ce faire, la modification est simple : il suffit d’ajouter la clé de registre SelectTransport :

Voici la commande permettant d’ajouter automatiquement cette clé de registre Windows avec des droits administrateur :

REG ADD "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Windows NT\Terminal Services" /v SelectTransport /t REG_DWORD /d 1 /f

Après modification, la connexion se fait exclusivement en TCP. Cette commande force le serveur à utiliser uniquement TCP pour les connexions RDP.

Déploiement via GPO

Microsoft propose également une stratégie de groupe qui permet de spécifier le protocole RDP à utiliser. Vous pouvez la trouver sous :

Computer Configuration > Administration Templates > Windows Components > Remote Desktop Services > Remote Desktop Connection Host > Connections

La politique associée permet de choisir entre :

  • « Use either UDP or TCP (default) » : Si la connexion UDP est possible, la majorité du trafic RDP l’utilisera.
  • « Use only TCP » : Toutes les connexions RDP se feront exclusivement via TCP.

Si cette stratégie n’est pas configurée ou est désactivée, RDP sélectionnera automatiquement le protocole optimal pour offrir la meilleure expérience utilisateur.

Testons maintenant la configuration côté client.

Forcer le flux TCP côté client

Passons à présent à la configuration côté client. Avant modification, le client se connecte en UDP, comme le montrent les captures d’écran. Pour forcer l’utilisation de TCP (via WebSocket, qui repose sur TCP), il suffit d’ajouter la clé de registre fClientDisableUDP.

Avant modification, le client fonctionnait en UDP, comme vous pouvez le constater sur la capture d’écran ci‑dessous.

Pour ce faire, la modification est simple : il suffit d’ajouter la clé de registre fClientDisableUDP.

Voici la commande permettant d’ajouter automatiquement cette clé de registre Windows avec des droits administrateur :

REG ADD "HKLM\SOFTWARE\Policies\Microsoft\Windows NT\Terminal Services\Client" /v fClientDisableUDP /t REG_DWORD /d 1 /f

Après modification, la connexion se fait exclusivement en TCP. Ce changement assure que le client ne tente plus d’établir une connexion via UDP :

Conclusion

Le choix entre TCP et UDP dans des environnements de bureau à distance comme Azure Virtual Desktop et Windows 365 se résume à un compromis entre rapidité et fiabilité :

  • UDP offre une faible latence, idéale pour des sessions interactives, mais peut souffrir de pertes de paquets dans des réseaux instables.
  • TCP, même via une couche WebSocket, garantit la transmission fiable des données, au prix d’un léger surcoût en latence.

Note technique : Forcer l’utilisation de TCP est particulièrement recommandé dans les environnements où la qualité du réseau est variable ou sujette à des perturbations. Dans ces situations, bien que TCP puisse introduire une latence légèrement supérieure, il offre une stabilité et une fiabilité accrues, assurant ainsi une expérience utilisateur plus homogène.

En forçant l’utilisation de TCP via une modification de registre côté serveur (ou via une GPO) et/ou côté client, vous pouvez améliorer la stabilité des connexions, particulièrement dans des environnements où la qualité de la connexion est incertaine.

Ces approches vous permettent de mieux contrôler la configuration de votre infrastructure de Remote Desktop, optimisant ainsi l’expérience pour vos utilisateurs.