Vous les avez peut-être testées en préversion, comme moi : l’orchestration des hôtes de session, la mise à l’échelle dynamique et les disques OS éphémères sur Azure Virtual Desktop. Bonne nouvelle, depuis juin 2026 ces trois briques de gestion avancée des host pools sont annoncées en disponibilité générale. L’occasion de faire le point, de regrouper mes trois anciens tutos de préversion, et surtout de pointer ce qui a changé depuis, car un seul détail peut casser vos anciens déploiements.

Ces fonctionnalités, je les avais chacune détaillées dans un tutoriel pas-à-pas quand elles étaient en préversion. Plutôt que de vous renvoyer vers trois articles vieillissants, je les réunis ici en une synthèse à jour de la GA, avec des liens vers chaque tuto d’origine si vous voulez remettre les mains dans le portail.
- 1. De la préversion à la GA : ce qui change vraiment
- 2. L’orchestration des hôtes de session
- 3. La mise à l’échelle dynamique : créer et supprimer, pas seulement allumer et éteindre
- 4. Les disques OS éphémères, enfin natifs
- 5. Le vrai piège : l’identité managée devient incontournable
1. De la préversion à la GA : ce qui change vraiment
Avant d’entrer dans le détail, un rappel utile sur la notion de fond. Sur Azure Virtual Desktop, un pool d’hôtes partagé se gère de deux façons :

La gestion standard, où vous créez, mettez à jour et scalez vos hôtes avec vos propres outils, et la gestion par configuration d’hôte de session, celle que Microsoft qualifie d’automatisée. C’est cette seconde approche, et les capacités qui gravitent autour, qui passe en GA :

Point de vigilance à connaître dès maintenant : le choix de l’approche se fait à la création du pool d’hôtes et ne peut plus être modifié ensuite :

Un pool créé sans configuration d’hôte de session ne pourra jamais en recevoir une par la suite. Cette approche ne concerne par ailleurs que les pools d’hôtes mutualisés :

2. L’orchestration des hôtes de session
C’est la brique centrale. La configuration d’hôte de session, ou session host configuration, décrit une bonne fois pour toutes ce que doivent être vos hôtes : image, taille de VM, type de disque, type de sécurité, jonction de domaine, réseau, identité, tags.
Tous les hôtes du pool s’alignent sur cette configuration unique :

Pour faire évoluer votre parc, vous ne touchez plus chaque VM une par une, vous modifiez la configuration :

Puis vous déclenchez une mise à jour de l’hôte de session :

La mise à jour de l’hôte de session vous permet de mettre à jour le type de disque de machine virtuelle sous-jacente, l’image du système d’exploitation et d’autres propriétés de configuration de tous les hôtes de session dans un pool d’hôtes avec une configuration d’hôte de session. La mise à jour de l’hôte de session libère ou supprime les machines virtuelles existantes et en crée de nouvelles qui sont ajoutées à votre pool d’hôtes avec la configuration mise à jour.
Source : Mise à jour de l’hôte de session, Microsoft Learn
Concrètement, la mise à jour ne bricole pas vos VM en place, elle les remplace. Le service cible d’abord un seul hôte, dit initial, pour valider que le processus fonctionne de bout en bout, puis il traite le reste par lots dont vous fixez la taille :

Chaque hôte concerné passe en mode drain, vos utilisateurs connectés reçoivent une notification et un délai avant déconnexion, l’ancienne VM est retirée du pool, une nouvelle est créée depuis la configuration à jour, jointe au domaine puis remise en service :

L’ancienne VM est enfin supprimée. La progression n’avance que lorsqu’un hôte est réellement terminé, ce qui explique qu’elle reste à 0 % pendant le traitement du tout premier.

Bon à savoir : l’état d’alimentation existant est respecté, vous pouvez donc lancer une mise à jour sur un pool dont tous les hôtes sont OFF pour limiter les coûts. Le pas-à-pas complet, du domaine managé jusqu’au déclenchement de la mise à jour, reste disponible dans mon tuto dédié : Orchestrez votre AVD.
3. La mise à l’échelle dynamique : créer et supprimer, pas seulement allumer et éteindre
Le plan de mise à l’échelle existait déjà pour optimiser les coûts d’un pool.

Ce qui arrive en GA, c’est sa méthode dynamique. La différence tient en une phrase :
- En gestion de l’énergie, le plan se contente d’allumer et d’éteindre des VM existantes :

- En mode dynamique, il crée et supprime réellement les machines virtuelles selon l’usage et la planification, en s’appuyant sur la mise à jour de l’hôte de session pour les recréer dans leur dernière version :

Les phases du plan, elles, ne changent pas : montée en charge, période de pointe, descente en charge et hors-période.
Vous y réglez les seuils de capacité, l’algorithme d’équilibrage, le nombre minimum et maximum de VM, et la déconnexion forcée éventuelle en descente de charge. L’intérêt du dynamique : quand la charge tombe, vous ne payez plus des VM éteintes qui traînent, elles disparaissent, puis se recréent à la demande :

Les mécanismes de fond, eux, restent les mêmes d’une méthode à l’autre.
La mise à l’échelle démarre/crée progressivement des machines virtuelles quand une certaine limite d’utilisateurs est atteinte :

Elle éteint/supprime les machines virtuelles tant qu’elles ne sont pas exploitées :

Elle peut forcer la déconnexion des utilisateurs, uniquement si vous l’avez activé en descente de charge :

Quelques garde-fous à garder en tête : la méthode dynamique vise les pools mutualisés (pas les environnements personnels), s’appuie sur un pool déjà configuré avec la mise à jour de l’hôte de session, et connaît des restrictions selon le type de jonction et l’hébergement.
Le déroulé complet, avec les tests de création et de suppression de VM en direct, est dans mon tuto : AVD et la mise à l’échelle dynamique.
4. Les disques OS éphémères, enfin natifs
Troisième brique, les disques OS éphémères.

Le principe : le disque système vit sur le stockage local de l’hôte, pas sur du stockage distant managé :

Résultat, des lectures et écritures à plus faible latence, un provisionnement et une réinitialisation plus rapides :

Et un coût inclus dans celui de la taille de VM :

La contrepartie est assumée, ces disques ne conservent rien au-delà du cycle de vie de la machine :

Le changement de la GA est là. En préversion, l’interface de création d’AVD ne permettait pas de choisir un disque éphémère, ce qui obligeait à un contournement, créer les VM à la main puis les rattacher au pool :

Microsoft annonce désormais les disques éphémères disponibles et optimisés pour Azure Virtual Desktop, et la configuration d’hôte de session inclut les informations du disque OS. La prise en charge devient donc officielle et intégrée, au lieu d’un montage manuel.
Pour bien saisir les différents disques éphémères sur Azure, l’excellente vidéo de John Savill reste la meilleure entrée en matière :
Les contraintes restent les mêmes, et il faut les connaître : pas de sauvegarde de la VM, pas de désallocation, et un redimensionnement qui fait perdre toute la donnée. Pour un pool AVD bâti sur une golden image et qui ne stocke pas de données utilisateur, ce ne sont pas des bloqueurs, plutôt des propriétés à assumer.
Mon comparatif de performances entre disque Premium SSD, cache et temporaire, tests DiskSpd à l’appui, est ici : Associez un disque éphémère à votre AVD. La référence Microsoft sur le sujet reste la page des disques OS éphémères.
5. Le vrai piège : l’identité managée devient incontournable
Si vous relisez mes anciens tutos, vous verrez que je faisais reposer les droits sur l’application de service Azure Virtual Desktop, avec des rôles RBAC assignés à la main sur le Key Vault et un rôle personnalisé pour la lecture de la configuration. Cette mécanique n’est plus la bonne. Microsoft a basculé vers l’identité managée, et ce n’est pas une simple recommandation :

La bonne nouvelle, c’est que l’identité managée simplifie le tableau. Elle supprime le besoin d’assigner des permissions à l’application de service Azure Virtual Desktop, attribue automatiquement les droits en fonction des paramètres de la configuration d’hôte de session, et apporte un contrôle plus fin par pool :

Elle débloque aussi deux cas concrets : l’accès à un Key Vault dont l’accès public est désactivé, réservé aux services Microsoft de confiance, et l’usage d’une image hébergée dans un autre abonnement du même tenant. La marche à suivre est décrite sur la page de configuration de l’identité managée.
Concrètement, ça donne quoi ?
Voilà, en une synthèse, trois briques de préversion réunies et remises à niveau pour la disponibilité générale : la configuration d’hôte de session pour standardiser et mettre à jour votre parc, la mise à l’échelle dynamique pour créer et supprimer les VM au fil de la charge, et les disques éphémères désormais intégrés proprement.
Les pièges à retenir :
- L’identité managée n’est plus optionnelle, oubliez la méthode service principal de mes anciens tutos.
- L’approche de gestion se choisit à la création du pool et ne se change plus après.
- Les disques éphémères ne persistent rien, parfait pour une golden image, à proscrire pour de la donnée utilisateur.
- Certaines pages de doc portent encore le label préversion, vérifiez l’état réel dans votre tenant avant la prod.
Pour le détail pas-à-pas de chaque brique, mes trois tutos d’origine restent la référence : l’orchestration, la mise à l’échelle dynamique et les disques éphémères. Foncez tester tout ça en lab, maintenant que la production est autorisée. Pour suivre les évolutions, gardez un oeil sur le What’s new d’Azure Virtual Desktop.
